Faut-il vraiment indiquer « généré par AI » sur un imprimé ? Commençons par la réalité
À Taïwan, il n’existe actuellement ni loi spécifique ni jurisprudence claire sur la titularité du droit d’auteur et l’obligation de mentionner les contenus générés par AI. C’est un fait. À mon sens, cela veut dire deux choses : pour les PME, il n’y a pas aujourd’hui de ligne rouge stricte du type « sans mention, c’est illégal » ; mais cela signifie aussi qu’en cas de litige, la responsabilité retombera le plus souvent sur l’utilisateur, c’est-à-dire l’imprimeur et le donneur d’ordre
La question n’est pas tant ce que dit la loi, mais comment cet imprimé sera utilisé, et par qui il sera vu. Je ramène le sujet à trois axes de décision :
・Obligation réglementaire : pour les étiquettes et supports promotionnels relevant des autorités sanitaires, agricoles, médicales ou financières, le contenu doit être exact et traçable. Si ces imprimés intègrent des images générées par AI, les signaler volontairement est l’option la plus prudente
・Éthique commerciale : clients B2B, marques, sociétés cotées ou commandes destinées à l’export attendent de plus en plus de transparence sur l’origine des visuels. Le signaler peut au contraire montrer que l’on travaille de façon responsable
・Gestion du risque : lorsqu’un visuel AI risque de ressembler trop fortement à une œuvre existante, ou que des éléments générés semblent reprendre le portrait d’une personne réelle ou un Logo de marque, la mention sert de trace préalable et de protection
En clair, aucune loi taïwanaise ne prévoit aujourd’hui une amende directe simplement parce que vous n’avez pas indiqué AI. Mais pour les imprimés très encadrés, comme l’alimentaire, le médical ou la finance, l’absence de mention peut vous faire franchir la ligne rouge de la publicité trompeuse ou de l’étiquetage mensonger. Et cette ligne-là pèse plus lourd que les règles propres à l’AI

Dans quels cas l’absence de mention peut-elle poser problème ?
D’après les dossiers que j’ai vus récemment et les réactions côté client, les visuels AI ne se limitent plus aux pistes créatives. On les retrouve dans les emballages produit, les affiches en boutique, les fonds de scène événementiels, les menus, et même dans la génération de typographies sinisées pour les packagings. Pour le donneur d’ordre qui envoie les fichiers à l’impression, quatre situations sont les plus risquées :
・Emballages et étiquettes de produits alimentaires, compléments santé et médicaments : la réglementation exige que les informations sur les ingrédients, l’origine ou la date de validité soient exactes. Même les pictogrammes doivent correspondre au contenu réel. Si une image générée par AI montre une « fraise » qui n’est en fait qu’une illustration indicative, l’autorité compétente peut y voir une information trompeuse
・Allégations médicales et de santé : le ministère taïwanais de la Santé et du Bien-être encadre strictement la publicité médicale et l’information santé. Une image AI associée à une suggestion d’efficacité thérapeutique est la combinaison la plus dangereuse
・Supports promotionnels de produits financiers : la Financial Supervisory Commission exige un haut niveau d’exactitude pour les documents d’investissement. Une scène générée par AI qui suggère des gains stables relève de l’induction en erreur
・Portraits de personnes réelles : si une image AI contient un visage identifiable, une célébrité précise ou une personnalité publique, même sous forme de simple ressemblance stylistique, elle peut toucher au droit à l’image et aux droits de la personnalité
Pour ces catégories d’imprimés, mon conseil est simple : éviter les images générées par AI quand c’est possible. Si leur usage est indispensable, indiquez clairement avant remise à l’imprimeur : « image générée par AI, fournie à titre indicatif uniquement », et conservez les prompts ainsi que l’historique de l’outil. Ces deux éléments peuvent vous sauver en cas de problème
Pour la création commerciale courante, par exemple un fond illustré pour un menu de restaurant, un visuel de marque pour les réseaux sociaux ou une identité visuelle d’événement, aucune règle taïwanaise n’impose aujourd’hui de mention. Mais une pratique de marché se dessine : pour les clients B2B, les sociétés cotées et les marques export, donc les dossiers susceptibles d’être examinés de près, une divulgation volontaire coûte moins cher qu’une découverte tardive
Comment bien l’indiquer ? Trois cas selon le type de licence
Il n’existe pas de norme unique sur la façon de placer la mention « généré par AI », ni sur son emplacement ou sa visibilité. Je distingue trois situations selon les modèles de licence les plus fréquents, avec des niveaux de risque différents
・Outils sous licence commerciale, comme les formules payantes de Midjourney ou Adobe Firefly : la plupart des offres payantes autorisent un usage commercial, mais les contrats demandent souvent de ne pas présenter le résultat comme une création humaine originale. Cela veut dire qu’il ne faut pas laisser croire qu’il s’agit d’une illustration dessinée à la main par un designer. La mention peut rester discrète, par exemple en page de crédits ou en légende : « Illustration: AI-assisted with Adobe Firefly ». C’est honnête, sans parasiter le visuel
・Outils gratuits ou formules communautaires, comme Playground AI ou Craiyon : le périmètre de licence est souvent plus étroit, parfois limité à un usage personnel non commercial. Avant l’envoi en impression, il faut relire les conditions, surtout les clauses « usage commercial », « redistribution » et « œuvres dérivées ». Pour la mention, mieux vaut indiquer directement le nom et la version de l’outil. C’est une déclaration factuelle et une trace utile pour la validation future
・Modèles entraînés en interne ou visuels hybrides : si vous combinez des éléments générés par AI avec vos propres photos ou des images achetées en banque d’images, la frontière devient floue. Le principe : mentionner précisément les éléments générés par AI. Il n’est pas nécessaire de coller une grande étiquette « contenu AI » sur toute la pièce, mais la personne qui vérifie doit pouvoir distinguer les parties concernées d’un coup d’œil
Dans la pratique, il y a un détail qui compte : l’emplacement de la mention influence la perception. Placée en page de crédits ou dans un cartouche discret en bord d’imprimé, elle paraît professionnelle mais reste peu visible. Placée en légende ou à côté de l’image, elle donne une impression de transparence plus forte, mais peut gêner la maquette. La plupart des clients choisissent la première option, sauf lorsque l’image constitue le visuel principal. Dans ce cas, la mention doit être un peu plus visible

Comment prévenir les atteintes aux droits ? Trois contrôles avant impression
Le risque de contrefaçon avec une image générée par AI ne tient pas à la question « l’AI a-t-elle copié quelqu’un ? », mais au fait que vous ne pouvez pas prouver à l’avance qu’elle ne l’a pas fait. C’est le point que les donneurs d’ordre oublient le plus souvent. D’après les litiges que j’ai traités, dix minutes de vérification avant impression peuvent éviter trois mois d’allers-retours ensuite
・Vérifier les conditions de licence : chaque outil a ses propres ToS, Terms of Service. Concentrez-vous sur trois mots-clés : « commercial », « réutilisation » et « œuvre dérivée ». Si les conditions indiquent une interdiction d’usage pour des produits commerciaux, l’image ne peut pas figurer sur un emballage. Si elles exigent une mention de source, appliquez la formulation demandée
・Conserver l’historique de génération : prompts, date et heure de génération, version de l’outil, paramètres, valeur de hachage du fichier exporté. En cas de litige, ces traces deviennent des éléments de preuve solides. Sans elles, chacun restera sur sa version
・Contrôler le style et les portraits : envoyez l’image finale dans Google Images en recherche inversée, TinEye ou des outils similaires, pour voir si elle ressemble fortement à une œuvre existante. Si l’image comporte un visage, comparez-le à des bases de personnalités publiques avec un outil de reconnaissance faciale et méfiez-vous de l’effet « déjà vu »
Ces trois étapes ne demandent aucun outil payant. Un ordinateur et une demi-heure suffisent. Pour une PME, c’est l’investissement le moins coûteux pour la plus forte réduction de risque

Trouver l’équilibre entre confiance du consommateur et exigences juridiques
Quand on parle de mention obligatoire ou non, on revient toujours à la même question : est-ce que l’indiquer donnera au consommateur l’impression que le produit est moins « vrai » ?
D’après mes échanges avec les marques, la réponse dépend du marché :
・Pour les produits axés sur le design et le récit de marque, comme la création culturelle, la restauration ou l’art de vivre : une divulgation mesurée de la collaboration avec AI peut devenir une partie du récit de marque, du type « nous explorons de nouveaux langages visuels avec AI »
・Pour les produits fonctionnels et orientés spécifications, comme la 3C, l’électroménager ou le médical : divulguer l’usage d’AI n’ajoute presque rien à la vente, car le consommateur regarde la performance et les caractéristiques, pas le mode de génération du visuel
・Pour les produits de grande distribution sensibles au prix : la divulgation de l’AI n’a pas d’effet concret, et peut même déclencher une réaction du type « alors pourquoi est-ce encore si cher ? »
Le vrai point de décision n’est donc pas la loi, mais l’attente du public. Si vos clients attachent de l’importance à l’originalité et au processus de création, la mention est un plus. S’ils regardent surtout la fonction et le prix, elle ajoute surtout du bruit informationnel
Quel que soit le marché, je conseille en revanche de ne jamais économiser sur les traces internes : chaque image générée par AI devrait avoir un dossier de suivi, avec prompts, paramètres de sortie et source de licence. Ce n’est pas destiné au consommateur. C’est la seule preuve que vous pourrez produire si un litige apparaît
Clarifier les malentendus fréquents
Pour finir, mettons au clair quelques idées reçues qui reviennent souvent :
・« Une image générée par AI n’a pas de droit d’auteur » : à Taïwan, la question reste floue. L’office de la propriété intellectuelle estime qu’une œuvre purement générée par AI, sans aucun apport créatif humain, est aujourd’hui difficile à protéger par le droit d’auteur. Mais dès qu’il y a sélection, modification ou composition par une personne, une revendication reste possible. En pratique, dire « aucun droit d’auteur » est donc imprécis
・« Une image issue d’un outil AI payant peut forcément être utilisée commercialement » : pas forcément. Le périmètre d’usage commercial varie selon les outils. Les formules standard de Midjourney permettent de produire des imprimés commerciaux, mais certaines anciennes formules comportaient des restrictions. Il faut lire les conditions
・« Si l’on indique généré par AI, on est dégagé de toute responsabilité » : la mention est une déclaration honnête, pas une preuve de licence. Si les conditions de l’outil AI interdisent l’usage commercial, la mention ne résoudra pas le problème de contrefaçon
・« Si on n’écrit pas AI, personne ne le saura » : aujourd’hui, les techniques de comparaison de style, de composition et d’éléments visuels progressent vite. Les équipes juridiques des marques savent souvent mieux repérer les images AI que le grand public. Mieux vaut gérer les attentes en amont que parier sur l’absence de détection
Si vous êtes designer ou acheteur print et que vous voulez comprendre tout le flux, du visuel AI à la presse, vous pouvez consulter le service d’impression commerciale MS haut de gamme entièrement sur mesure de MINDS Printing : ils disposent d’une SOP complète pour vérifier la résolution, la couleur et les licences des fichiers AI avant impression. Pour discuter plus précisément de votre cas, savoir s’il faut le mentionner et comment le faire, vous pouvez aussi contacter directement l’équipe conseil de MINDS Knowledge Academy

Points clés
・Taïwan n’a pas actuellement de règle imposant de mentionner les contenus générés par AI. Mais pour les imprimés très encadrés dans l’alimentaire, le médical ou la finance, franchir la ligne rouge du « mensonger » coûte plus cher que les règles AI elles-mêmes
・La vraie décision sur la mention dépend des attentes du public et du contexte d’usage, pas seulement du texte de loi
・Avant impression, trois choses sont indispensables : vérifier les conditions de licence, conserver l’historique de génération, contrôler le style et les portraits
・« Indiquer généré par AI suffit à s’exonérer » est une erreur. La mention est une déclaration honnête. La licence est la base juridique
・Un outil AI payant ne garantit pas automatiquement un usage commercial. Les conditions changent selon les fournisseurs. Il faut les lire mot à mot
Pour aller plus loin
・Pour les imprimeurs, le moment est venu d’intégrer un contrôle des fichiers AI avant impression dans la SOP de prise de commande. Plus le processus est mis en place tôt, plus il sera solide si un client rencontre un problème
・Pour les designers, savoir conserver les traces de génération, prompts, paramètres et versions, va devenir un nouveau réflexe professionnel. Demain, ce sera aussi courant que la conservation des fichiers natifs aujourd’hui
・Pour les développeurs SaaS et d’outils, les badges « usage commercial autorisé » et les options de filigrane intégré dans les générateurs d’images AI deviendront le prochain terrain de concurrence. Les clients ne veulent pas seulement une image. Ils veulent une image qu’ils peuvent utiliser sans inquiétude
・Pour les équipes juridiques et marketing des marques, établir une politique de divulgation des contenus AI sera un chantier des un à deux ans à venir. Mieux vaut commencer par des règles internes que réagir au premier litige client
Lectures complémentaires
(Cet article s’appuie sur la réglementation actuellement en vigueur à Taïwan et sur l’observation des pratiques du secteur. Il ne cite pas de rapport tiers précis, il n’y a donc pas d’URL spécifique à lister)
FAQ
- Faut-il obligatoirement indiquer « généré par AI » sur un imprimé ?
- À Taïwan, aucune règle n’impose actuellement cette mention. Mais pour les imprimés très encadrés, comme l’alimentaire, le médical ou la finance, s’ils utilisent des images générées par AI, il est conseillé de le signaler volontairement afin d’éviter les risques de publicité trompeuse ou d’étiquetage mensonger. Pour la création commerciale courante, la décision peut dépendre des attentes du public
- Une image générée par AI est-elle protégée par le droit d’auteur ?
- Une œuvre purement générée par AI, sans intervention humaine, est aujourd’hui difficile à revendiquer comme protégée par le droit d’auteur à Taïwan. En revanche, s’il y a eu sélection, modification ou composition par une personne, une revendication reste possible. En pratique, il ne faut pas considérer systématiquement ces images comme « sans droit d’auteur »
- Les images produites avec un outil AI payant peuvent-elles toujours être utilisées en impression commerciale ?
- Pas forcément. Le périmètre des licences commerciales varie selon les outils. Les principales formules payantes de Midjourney, Adobe Firefly et d’autres autorisent souvent l’usage commercial, mais certaines offres comportent des limites. Avant impression, il faut relire mot à mot les clauses ToS sur l’usage commercial, la réutilisation et les œuvres dérivées
- Mentionner « généré par AI » suffit-il à éviter toute responsabilité en contrefaçon ?
- Non. La mention est une déclaration honnête, pas une licence. Si les conditions de l’outil AI interdisent l’usage commercial, l’indication ne résoudra pas le litige. Le contrat de licence reste la base juridique
- Quels contrôles faut-il faire avant d’envoyer une image AI à l’impression ?
- Au minimum trois contrôles : vérifier que les conditions de licence de l’outil autorisent l’usage commercial, conserver les prompts et paramètres de génération, puis utiliser la recherche inversée d’images et des outils de reconnaissance faciale pour vérifier l’absence de ressemblance forte avec une œuvre existante ou une personnalité publique
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